Le marché devrait être
libéralisé au plus tard en juin 2010, pour la
Coupe du monde de football.
Les
candidats à l'ouverture du marché des jeux
d'argent sur Internet
commencent à s'impatienter. Ils ne pourront pas se lancer
comme prévu
le 1er janvier 2010. Auditionné par la commission des
affaires
économiques à l'Assemblée,
Éric Woerth, le ministre du Budget, l'a dit
: «Étant donné les délais de
la procédure parlementaire, ce texte ne
pourra pas entrer en application en janvier prochain. En tout
état de
cause, la date butoir sera celle de la Coupe du monde de
football.». En
attendant, les candidats comme BetClic sont toujours interdits de
publicité. Le site Internet, nouveau sponsor de l'Olympique
lyonnais,
en a fait l'expérience ce week-end : il a
été privé de maillot. Éric
Woerth a rappelé à l'ordre Jean-Michel Aulas, le
président de l'OL.
Le
député Jean-François Lamour,
rapporteur du projet de loi, s'attend à ce
que le texte soit promulgué en février 2010, pour
une ouverture du
marché courant mars. «L'Autorité de
régulation des jeux en ligne
(Arjel) aura donc un mois pour examiner les candidats à une
licence»,
explique-t-il au Figaro. Pour aller plus vite, l'Arjel
délivrera une
autorisation qui sera définitivement validée au
bout d'un an, pour une
durée de cinq ans. Les sites illégaux devront
remettre les compteurs à
zéro, en clôturant les comptes de leurs clients
pour en ouvrir de
nouveaux.
Une centaine
d'amendements
La
discussion du texte à l'Assemblée, qui aura lieu
«début octobre, ou fin
septembre dans le meilleur des cas», s'annonce
animée car «les
amendements qui ne sont pas passés en juillet seront
représentés à la
rentrée», avance Jean-François Lamour.
«Il est probable que les sites
les plus importants déposeront une demande
d'agrément, écrit-il dans
son rapport réalisé au nom de la commission des
Finances de l'Assemblée
nationale le 22 juillet. En revanche, nombreux sont ceux qui choisiront
de rester dans l'illégalité.» En
attendant le vote de la loi, les jeux
d'argent sur Internet restent le monopole du PMU et de la
Française des
Jeux. D'autres sites existent (comme BetClic, Bwin ou
Unibet…), mais
ils ne peuvent légalement s'adresser à des
joueurs résident en France.
«Il
existe 150 à 200 sites francophones illégaux
vraiment opérationnels,
explique Jean-François Lamour. Un tiers demandera un
agrément mais il
captera l'essentiel du marché car les autres seront
interdits de
publicité.» Le projet de loi prévoit
que seuls certains jeux soient
autorisés et qu'ils seront soumis à des
prélèvements fiscaux.
Conséquence selon Jean-François Lamour : les
sites légaux pourraient
être moins compétitifs que les sites
illégaux «installés pour la
plupart à Malte ou en Grande-Bretagne.» C'est donc
leur viabilité qui
se posera à terme.
En juillet, la commission des finances a
retenu une centaine d'amendements sur trois cents,
renforçant les
pouvoir de la future Arjel, la protection contre la
dépendance au jeu
et modifiant la fiscalité au profit du sport amateur et des
communes
abritant un casino ou un hippodrome. Les parlementaires ont surtout
instauré un bilan de la future loi 18 mois après
sa promulgation (et
non 24 comme d'abord prévu).
source :
www.lefigaro.fr/Mathilde Visseyrias